UTOPIES MONUMENTALES │Centre Pompidou, Paris. FR │ Film d’animation

 » L’effet Beaubourg, la machine Beaubourg, la chose Beaubourg – comment lui donner un nom ? Énigme de cette carcasse de flux et de signes, de réseaux et de circuits (…). Avec sa fragilité (calculée ?) dissuasive de toute mentalité ou monumentalité traditionnelle, elle proclame ouvertement que notre temps ne sera plus jamais celui de la durée, que notre seule temporalité est celle du cycle accéléré et du recyclage, celle du circuit et du transit des fluides. Notre seule culture au fond, celle des hydrocarbures, celle du raffinage, du cracking, du cassage de molécules culturelles et de leur recombinaison en produit de synthèse. « 

Jean Baudrillard, L’Effet Beaubourg

La Matrice Beaubourg est un court-métrage qui liquide le temps, Beaubourg, les masses et la culture.

Symbole de l’architecture comme machine à fabriquer de la culture au XXème siècle et dernière architecture monumentale de la ville de Paris, la machine Beaubourg fut conçue selon une trame répétitive et modulaire. Travail sur les réseaux, les circuits, le transit. Allusion à l’éphémère, au consommable, au jetable, à la régénération. Allégorie des flux, imaginaire du recyclage.

Son architecture sérielle, expression d’un siècle où les moyens de productions mécaniques, industriels et informatiques bousculèrent et automatisèrent considérablement l’organisation de l’espace, rentrera dans l’histoire de l’architecture comme le témoin et le vestige d’une civilisation machine devenue virtuelle ayant donné jour à une frénétique production d’artifices et de simulacres.

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